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Les femmes dans le fantastique belge

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Une étude comparée des personnages féminins dans les nouvelles fantastiques flamandes et belges francophones du dernier tiers du XXe siècle (nouvelles analysées de Hubert Lampo, Thomas Owen, Anne Richter, Jos Vandeloo, Gérard Prévot et Hugo Raes.
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    Année universitaire 2018  – 2019 La femme dans le fantastique belge Une étude comparée des personnages féminins dans les nouvelles fantastiquesflamandes et belges francophones du dernier tiers du XXe siècle Présenté par Charlotte VAN HOOIJDONK  Numéro d'étudiant : 16003156Sous la direction de Marthe SEGRESTIN, maîtresse de conférence en littérature comparéeMémoire de Master 1 recherche en littérature comparée à l'université Paris-Sorbonne 1  Table des matières Introduction..........................................................................................................................................3I / Le fantastique, la femme et la littérature belge : trois catégories problématiques.........................151 - Le fantastique et le « thème » de la femme..............................................................................151.1 - Le fantastique : montrer ce qui ne peut être montré ........................................................151.2 - Du phénomène à l'Autre: le fantastique suppose de l'inconnu.........................................201.3 - Le fantastique par l'étude du personnage féminin, l'image de la femme par l'étude du fantastique.................................................................................................................................262 - Le fantastique belge et la femme .............................................................................................292.1 - D'un fantastique francophone à un fantastique belge.......................................................292.2 - Caractéristiques du fantastique belge...............................................................................372.3 - Le personnage féminin et le fantastique belge..................................................................40II / Mise en texte de l'image: les personnages féminins dans les nouvelles belges ...........................411 - Présence et absence du (personnage) féminin..........................................................................421.1 - L'épitexte : les femmes (ne) se montrent (pas).................................................................421.2 - Le texte: réseaux thématiques et motifs associés à la femme ..........................................431.3 - La présence des personnages féminins au niveau narratif................................................472 – Des portraits de femmes..........................................................................................................522.1 - Portraits physiques de femmes : entre réalisme et rêverie................................................522.2 - Caractérisation: délicatesse, banalité, cruauté..................................................................582.3 - But du portrait physique et moral: gratuité ou servant l'intrigue?....................................603 – Place et fonctions du personnage féminin dans le schéma narratif.........................................653.1 - Le personnage féminin dépend des hommes....................................................................653.2 - L'espace des possibles ouvert aux femmes.......................................................................733.3 - Rôles et fonctions du personnage féminin........................................................................79III / De l'image féminine à l'imaginaire..............................................................................................871 - L'image de la femme qui surgit au terme de l'analyse..............................................................871.1 - La femme dans tous ses états : métaphores, stéréotypes et archétypes............................871.2 - Du personnage à l'image : un imaginaire sur la femme....................................................921.3 - Axiologie de l'image : miroir de la société.......................................................................971.4 - Deux corpus différenciés au niveau de l'imaginaire.......................................................1012 - Pourquoi ces images ? ...........................................................................................................1022.1 - Explication socio-culturelle : l'histoire des idées............................................................1032.2 - Explication psychologique : l'imaginaire de l'écrivain...................................................1042.3 - Explication littéraire : l'histoire du genre fantastique ....................................................1073 - Incidences de ces imaginaires sur le fantastique belge..........................................................1093.1 - Un imaginaire féminin spécifique, un fantastique spécifique ........................................1093.2 - Question de nuance : lignes de division entre les deux corpus ......................................115Conclusion .......................................................................................................................................116Bibliographie ...................................................................................................................................1202  Introduction Pourquoi s'adonner à la lecture analytique et comparatiste de la représentation des femmesdans un genre perçu comme marginal aujourd'hui – et qui plus est, en se basant sur un corpus peuou pas exploité par la recherche littéraire, alliant des auteurs flamands et francophones de laBelgique ? Plusieurs raisons nous y ont amenés. Premièrement, c'est un domaine inexploréaujourd'hui. Le goût pour l'inconnu nous a apporté le souffle nécessaire pour aborder un tel travail.D'autre part, il s'agit tout de même d'un corpus constitué d'auteurs qui ont trouvé un public plutôtlarge, plus ou moins diversifié, et ont connu un certain succès - certains mêmes sont aujourd'huilevés au rang des grands écrivains nationaux, comme Thomas Owen et Hubert Lampo. Dans cesens, nous souhaitions donner une image plus complète, plus juste de cette littérature fantastiquemarginalisée et considérée comme de la « littérature de genre ». Ce dernier postulat ne peut guèretenir debout, si l'on voit comment les théoriciens se bousculent depuis des décennies pour trouver une façon convenable et englobante de définir ce genre éminemment problématique. Nous yreviendrons plus tard. Enfin, c'est plus spécifiquement la femme qui nous intéressait dans lesnouvelles de ces auteurs, guidés que nous étions par le pressentiment qu'un genre qui joue sur l'effet, qui de ce fait se doit d'être dense, de se rabattre sur l'essentiel, devrait inévitablement en dire plus long sur la conception spécifique mais également sociale et littéraire du rôle et de la place desfemmes dans la littérature et dans la société. Il faut le noter d'avance, nous n'avons pas été déçus :les femmes sont omniprésentes dans le genre fantastique, un genre qui, à l'image de la littérature engénéral, a longtemps été dominé par les hommes.Qui plus est, nous avons pu remarquer que par cette domination masculine du champlittéraire, la femme peut être étudiée en tant que thème. Si nous savons depuis Daniel Bergez quel'analyse thématique se fait en fonction des catégories de la  perception  et de la relation 1 , nouscomprenons en quoi il est intéressant d'étudier la représentation des femmes dans la littératurefantastique. D'une part, le genre, nous y reviendrons, se revendique très visuel dans le sens où ilexhibe ce qui ne peut être montré physiquement ou moralement, ce qui place la femme dans la perception de l'homme comme motif voire comme thème privilégié à étudier. D'autre part, larelation du masculin au féminin est en jeu dans des nouvelles qui mettent en place des personnagesde sexes différents. En ce sens, la femme est un thème fantastique privilégié voire indispensable. Remarquez que nous avons parlé jusque-là des  femmes  pour ne pas compliquer le propos.Pour être correct, il s'agit d'étudier les  personnages féminins, et donc la représentation  du 1Bergez, Daniel, « Critique thématique », Courants critiques et analyse littéraire, [1990], Paris, Armand Colin, 2016, p. 115 – 150. 3   personnage féminin. Les termes de  personnage  et de représentation  peuvent d'emblée poser  problème dans le sens où il faut les analyser soit sur le mode poétique (la création), soit sur le modeesthétique (la réception). Vincent Jouve 2  tente de contrer cet écueil en proposant l'Effet- personnage  : ce sont tous les procédés du texte pour construire un personnage qui aura un certaineffet sur le lecteur. Le lecteur a un rôle dans la construction du personnage, qui est pris en compte,consciemment ou non, par l'écrivain au moment de la mise à l'écrit de ses personnages. Ce terme estrepris à Philippe Hamon, de qui on retiendra également l'idée de personnage sémiotique 3 , quisurpasse les limites d'un personnage anthropomorphe. Il nous aidera à ne pas tomber dans le piègede l'analyse psychologique de tel ou tel personnage et nous en tenir aux procédés d'écriture del'auteur. Jouve arrive à réunir les idées formalistes sur le personnage, qui le percevaient uniquementcomme un fil conducteur et ne l'analysaient qu'au sein du texte même, et la représentation que sefait le lecteur d'un personnage, qui peut changer à chaque relecture. Ainsi, la représentation  de lafemme allie donc l'étude de la poétique et celle de l'esthétique de la réception. Comme ce dernier  pilier se rattache à l'interprétation qui est éminemment subjective, envisager une étude des imagesde la femme sur ces deux niveaux paraît impossible. C'est ce que souligne Christine Montalbettidans son introduction pour  Le    Personnage 4 .  Le personnage est démultiplié, il est l'objet de : la conjugaison de deux imaginations, dont la première, celle de l'auteur, lui assure une fixité relative,un socle […] et dont la seconde, celle du lecteur, implique sa singularisation chaque fois rejouée, sadifférence, laquelle, d'une représentation à l'autre, fait du personnage cette figure ouverte et quiattend d'être diversement complétée. 5 C'est ainsi que nous restons dans l'étude de la « représentation » en écartant l'interprétation, puisque,affirme Alexandre Gefen : toute représentation littéraire est une sorte de 'pré-interprétation ' du monde par l'auteur, saconfiguration et sa modalisation en un schéma intelligible, destinée à conditionner, à programmer, saré-interprétation par le lecteur. 6  Nous nous poserons à la place de ce lecteur, qui tente de dégager les stratégies d'écriture conscienteset inconscientes de l'auteur dans la création de ses personnages, sans appliquer sa propreinterprétation. Ayant posé le premier objet de notre étude – la représentation des personnages féminins -nous y ajoutons un deuxième, à savoir celui du corpus, qui peut également être problématisé et que 2Jouve, Vincent,  L'Effet-personnage dans le roman,  Paris, PUF, coll. « Ecriture », 1992. 3Hamon, Philippe, « Pour un statut sémiologique du personnage »,  Poétique   du   récit  , Paris, Seuil, coll. « Points »,1977. 4Montalbetti, Christine.  Le Personnage,  Paris, Flammarion, coll. « Corpus », 2003.5  Idem , p. 25.6Gefen, Alexandre, « L'interprétation contre la représentation », dans  Fabula,  2002, [en ligne], [réf. du 21 novembre 2018], disponible sur: <http://www.fabula.org/atelier.php?L%26%23146%3Binterpr%26eacute%3Btation_contre_la_repr%26eacute%3Bsentation>. 4  nous souhaitons étudier au même niveau que le personnage féminin. Parce que, il est vrai, lalittérature belge pose problème. Deux voire trois (en comptant la littérature produite en langueallemande dans l'est du pays) champs littéraires à part entière se bousculent sur un terrain plutôt petit, dans une relation d'attirance et de répulsion mais le plus souvent aveuglés et méconnus les unsdes autres. Quelles sont leurs divergences, leurs ressemblances ? Posons-la, cette question bancalequi semble être érigée en axiome et qui permet souvent aux étrangers de proposer une visiond'ensemble, de caractériser ce pays difficilement compréhensible : la Belgique est-elle fantastique ? Nous ne saurons trancher, la question étant complexe et à double face. Nous en dévoilerons lesenjeux dans la première partie de notre étude. Néanmoins, nous ne pouvons pas passer à côté de lasuprématie des écrits de l'imaginaire dans le domaine littéraire belge francophone, et dans une - ilfaut l'avouer - moindre mesure dans celui flamand. Il est pour cette raison et d'autres encore d'autant plus frappant que l'étude comparatiste d'un corpus flamand et francophone soit une nouveauté.« Dans les études sur la littérature belge, les domaines francophone et néerlandophone sontrarement associés » 7 . Dans les études sur le fantastique belge, le côté flamand est toujours mis decôté. Même une étude comparée d'un fantastiqueur flamand et francophone menée par Asa Josefsonne développe que l'histoire de la critique francophone sur la littérature fantastique. Qui plus est, ilest devenu commun de ne pas parler de  fantastique au sujet de la littérature de l'imaginaire enFlandre, mais plutôt de réalisme magique, ce qui éloigne le chercheur de son sujet central, puisqu'eny regardant de plus près, on remarquerait que ces réalistes magiques sont, en fait, des fantastiqueurs.Il n'en demeure pas moins qu'il reste une carence dans les études sur la littérature fantastiqueflamande. Nous n'avons pu retrouver, à côté des quelques petits articles et préfaces, aucune étudeassez ample qui a développé sur ce sujet. Du côté francophone de la Belgique, la situation est tout àfait différente. Le débat sur une supposée « école belge de l'étrange », commencé dans les années1970, est encore vivant et oppose les deux grands théoriciens du fantastique belge Jean-BaptisteBaronian et Eric Lysøe. La revue spécialisée en littérature belge de langue française Textyles  publiesouvent des comptes rendus et des études (voire des numéros entiers) sur les fantastiqueurs belgeset les mémoires sur le sujet sont abondants. Pour la littérature flamande, il y a, en plus d'un problème terminologique que nous développerons dans la première partie de notre étude, le problème de la marginalisation des genres courts, qui est une tendance tenace dans la critiquelittéraire flamande : De veronachtzaming van het korte verhaal als volwaardig genre klinkt regelmatig door in de literairekritiek. In de besprekingen van verhalenbundels hebben recensenten zo hun eigen platitudes 7Josefson, Asa,  Fantastique et révolte chez Jean Muno et Hugo Raes, thèse sous la dir. de Bergmans, Luc, Snoek,Kees, Ahlstedt, Eva et Cariboni-Killander, Carla, Université Paris-Sorbonne, 2010, p. 9. 5
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